Vos vieilles prises téléphoniques peuvent porter un gigabit : la technique G.hn expliquée
Un développeur a atteint 1 Gbit/s réel sur les câbles téléphoniques de sa maison, sans tirer un mètre d’Ethernet. La norme G.hn, les débits mesurés, et les cinq vérifications à faire avant d’acheter.

Derrière la vieille prise téléphonique jaunie de votre couloir, il y a probablement quatre paires de cuivre qui traversent toute la maison. Elles ne servent plus à rien depuis des années. Et elles peuvent transporter un gigabit par seconde.
Un développeur londonien l'a démontré chez lui en janvier 2026, sans percer un seul mur ni tirer un mètre de câble Ethernet. Voici comment cela fonctionne, et surtout ce qu'il faut vérifier avant de tenter l'expérience en France.
Le point de départ : en finir avec le CPL
Comme beaucoup, ce développeur reliait sa box aux pièces éloignées avec des adaptateurs CPL — ces boîtiers qui font passer le réseau par les prises électriques. Le bilan, après des années d'usage : des débits autour de 200 Mbit/s et une latence très changeante.
Son constat, publié sur son blog le 22 janvier 2026, tient en une phrase : « J'en avais assez de la latence et des déconnexions des adaptateurs CPL, alors je suis passé à du matériel conçu pour envoyer de l'Ethernet sur les câbles téléphoniques. »
C'est une nuance technique décisive. Le CPL partage le réseau électrique avec tout ce qui consomme du courant chez vous : chargeurs, moteurs, alimentations à découpage, plaques à induction. Chaque appareil qui démarre injecte du bruit dans le canal. Les câbles téléphoniques, eux, ne transportent plus rien : le canal est vide.
Les résultats mesurés
Il a installé des bridges G.hn, de petits boîtiers qui convertissent le RJ11 (téléphone) en RJ45 (Ethernet), consommant moins de 3 watts.
| Mesure | Débit obtenu |
|---|---|
| Lien physique | ~1,7 Gbit/s |
| Synchronisation | ~1,4 Gbit/s |
| Débit réel utile (test prise téléphonique vers PC) | 1 Gbit/s |
Soit cinq fois mieux que son installation CPL, sur des câbles installés il y a des décennies pour transporter la voix.
Ce qu'est la norme G.hn
G.hn est une norme définie par l'Union internationale des télécommunications. Son objectif : faire passer jusqu'à 2 Gbit/s sur les fils déjà présents dans les logements — téléphone, coaxial ou électrique.
Le principe technique tient en deux idées. Le signal est découpé en un grand nombre de petites fréquences transmises en parallèle : si l'une est brouillée, les autres continuent de porter les données. Et une correction d'erreurs renforcée reconstitue ce qui a été perdu, ce qui permet d'encaisser un environnement électriquement bruyant.
C'est cette robustesse qui explique l'écart avec le CPL classique, conçu à une époque où l'on visait quelques dizaines de mégabits.
En France : bonne nouvelle, le câblage s'y prête
Le contexte français est particulièrement favorable, pour deux raisons.
Le câble est de bonne qualité. Beaucoup de logements anciens sont câblés en prise en T avec du câble PTT 298 à quatre paires. Ce câble est nativement capable de porter au minimum du Fast Ethernet, et souvent bien davantage sur les distances d'une maison.
Ces lignes sont en train de mourir. Le réseau téléphonique cuivre est en cours de fermeture progressive, plaque par plaque, jusqu'au début des années 2030. Les prises en T de millions de foyers ne servent déjà plus à rien — ou vont cesser de servir. Ce qui les rend précisément disponibles pour un autre usage.
Le principe est d'ailleurs déjà commercialisé : certains fabricants proposent des ponts destinés à relier le point de terminaison optique à la box en réutilisant le câblage téléphonique existant, quand les deux ne sont pas dans la même pièce. C'est exactement la même technologie.
G.hn, CPL, Wi-Fi mesh ou Ethernet : que choisir ?
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| Solution | Débit réaliste | Latence | Travaux |
|---|---|---|---|
| Ethernet tiré | 1 à 10 Gbit/s | Excellente | Percements, saignées |
| G.hn sur câble téléphonique | Jusqu'à ~1 Gbit/s | Très bonne | Aucun |
| Wi-Fi mesh | Variable, chute avec les murs | Moyenne | Aucun |
| CPL | 100 à 300 Mbit/s en pratique | Irrégulière | Aucun |
Le classement est clair : si vous pouvez tirer de l'Ethernet, faites-le, rien ne le bat. Si vous ne le pouvez pas — logement ancien, location, murs en pierre —, le G.hn sur câble téléphonique occupe une place que rien d'autre ne tenait : du filaire, sans travaux.
Le Wi-Fi mesh reste complémentaire plutôt que concurrent : le meilleur usage consiste souvent à amener le signal jusqu'à une pièce éloignée par G.hn, puis à y installer un point d'accès.
Les cinq vérifications avant d'acheter
C'est la partie que les articles enthousiastes oublient, et elle décide de la réussite.
1. Cartographiez votre réseau téléphonique intérieur. Ouvrez les prises, notez lesquelles sont reliées entre elles et par quel chemin. Sans ce plan, vous achetez à l'aveugle.
2. Identifiez le câble derrière le plastique. Quatre paires torsadées de section correcte : c'est jouable. Un fil plat à deux conducteurs de mauvaise qualité : n'espérez pas le gigabit.
3. Vérifiez que la ligne n'est plus active. C'est le point le plus important. Les fils ne doivent plus être raccordés à une ligne cuivre en service, sous peine de conflit avec un service téléphonique classique ou une connexion ADSL encore en fonctionnement — et, dans le cas d'une ligne active, de tension présente sur les conducteurs.
4. Regardez la topologie. Les boîtiers G.hn tolèrent aussi bien les montages en étoile qu'en série. En revanche, des jonctions mal torsadées ou un câble trop fin ruinent le débit : c'est presque toujours là que se perdent les mégabits.
5. Achetez par paire, et testez avant de tout installer. Un pont nécessite un boîtier à chaque extrémité. Commencez par le trajet le plus utile — salon ou bureau — avant d'équiper toute la maison.
Côté budget, une paire de bridges G.hn revient sensiblement plus cher qu'une paire de CPL d'entrée de gamme, mais reste sans commune mesure avec le coût de saignées et d'un câblage Ethernet complet. C'est précisément l'intérêt de la manœuvre.
Pour qui cela vaut-il vraiment le coup ?
Le gain est net dans trois situations : le télétravail dans une pièce mal couverte par le Wi-Fi, le jeu en ligne où la stabilité de la latence compte davantage que le débit brut, et le téléviseur ou la console à l'autre bout du logement.
Il est en revanche marginal si votre box est déjà dans la pièce principale et que votre Wi-Fi y fonctionne correctement. Le meilleur réseau reste celui dont vous n'avez pas besoin de vous occuper.
Et si le problème venait de votre abonnement ?
Un point à écarter avant tout bricolage : améliorer la distribution interne ne sert à rien si le débit qui entre chez vous est limité à la source. Beaucoup de foyers paient une offre fibre sans être raccordés en fibre, ou conservent un abonnement dont le débit descendant n'a plus rien à voir avec les offres actuelles au même prix.
Mon Assistant Perso vérifie votre éligibilité, compare les offres box réellement disponibles à votre adresse et repère les lignes inutiles sur votre facture. Consultez notre page internet et mobile, commencez par la checklist d'audit de vos factures, ou prenez rendez-vous avec un conseiller.
À lire également : Quelle box internet choisir ?
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Sources : billet publié le 22 janvier 2026 sur le blog The HFT Guy et relayé par plusieurs médias spécialisés ; spécifications de la norme G.hn de l'Union internationale des télécommunications. Article publié le 6 septembre 2026.
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Rédigé par
Julien Roques
Internet et mobile
Rédacteur chez Mon Assistant Perso, spécialisé sur les offres internet et mobile : débits réels, éligibilité, portabilité, résiliation. Vérifie systématiquement les numéros de service client et les conditions tarifaires directement auprès des opérateurs.
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