Heures creuses : le calcul en 3 minutes pour savoir si vous y gagnez
L'option heures creuses fait gagner plusieurs centaines d'euros à certains foyers et en fait perdre à d'autres. Voici le calcul exact et la règle des 30 %.

L'option heures creuses divise : certains y gagnent plusieurs centaines d'euros par an, d'autres y perdent sans le savoir. La différence ne tient ni à la chance ni au fournisseur, mais à un calcul simple que vous pouvez faire en trois minutes avec votre facture.
Comment fonctionne réellement l'option
Avec l'option de base, vous payez le même prix du kWh à toute heure. Avec l'option heures creuses, vous disposez de deux tarifs :
- un prix réduit pendant 8 heures par jour, les heures creuses
- un prix majoré le reste du temps, les heures pleines
Le point que l'on oublie systématiquement : l'abonnement est plus cher en option heures creuses. C'est ce surcoût fixe qui doit être compensé par vos économies. Sans quoi l'option vous coûte de l'argent.
Vos plages horaires sont définies par le gestionnaire de réseau, pas par votre fournisseur. Elles sont indiquées sur votre facture et généralement situées la nuit, parfois avec un créneau en début d'après-midi.
Le calcul en trois minutes
Étape 1 : relever trois chiffres sur votre facture
- Le prix du kWh en heures pleines
- Le prix du kWh en heures creuses
- La différence d'abonnement annuel entre l'option de base et l'option heures creuses
Si vous êtes déjà en heures creuses, la facture donne directement la répartition de votre consommation entre les deux plages. C'est l'information la plus précieuse.
Étape 2 : calculer votre seuil de rentabilité
Le principe est simple. Chaque kWh déplacé en heures creuses vous fait économiser l'écart entre les deux tarifs. Il faut donc déplacer suffisamment de kWh pour couvrir le surcoût d'abonnement.
Seuil = surcoût annuel d'abonnement ÷ écart de prix par kWh
Exemple concret : si l'abonnement coûte 30 € de plus par an et que l'écart est de 0,05 € par kWh, il vous faut déplacer 600 kWh par an pour simplement rentrer dans vos frais. Au-delà, vous gagnez.
Étape 3 : comparer à votre consommation déplaçable
Pour un foyer consommant 4 000 kWh par an, 600 kWh représentent 15 % de la consommation totale. C'est atteignable, mais uniquement si vous avez de vrais postes déplaçables.
La règle simple à retenir
En pratique, l'option devient intéressante quand vous parvenez à réaliser au moins 30 % de votre consommation en heures creuses. En dessous, le gain est marginal ou négatif.
Les équipements qui rendent l'option rentable
Ce sont les gros consommateurs programmables :
- Ballon d'eau chaude électrique : c'est le poste décisif. À lui seul, il peut représenter 800 à 1 500 kWh par an, entièrement déplaçables via son contacteur jour/nuit.
- Véhicule électrique : une recharge nocturne fait basculer d'un coup plusieurs centaines de kWh par an. Avec un véhicule électrique, l'option est presque toujours gagnante.
- Lave-linge et lave-vaisselle : environ 200 à 400 kWh par an à eux deux, à condition d'utiliser réellement le départ différé.
- Chauffage électrique à accumulation : conçu pour stocker la chaleur produite la nuit.
À l'inverse, si votre logement est chauffé au gaz, que votre eau chaude est produite par une chaudière et que vous n'avez pas de véhicule électrique, il ne reste presque rien à déplacer. L'option n'a alors aucun intérêt.
Les erreurs qui font perdre le bénéfice
Croire que l'électroménager suffit. Deux machines par semaine déplacées ne compensent pas un surcoût d'abonnement. Il faut du volume.
Oublier de programmer le ballon d'eau chaude. Beaucoup de foyers en heures creuses ont un ballon qui chauffe en continu ou en journée. Le contacteur existe mais n'a jamais été réglé. C'est la première chose à vérifier : le gain est immédiat et gratuit.
Ignorer ses vraies plages horaires. Programmer une machine à 22 h alors que les heures creuses commencent à 23 h 30, c'est payer le tarif majoré en croyant économiser.
Ne jamais revérifier après un changement de situation. L'arrivée d'un véhicule électrique, un passage au chauffage gaz, le remplacement d'un ballon électrique par un chauffe-eau thermodynamique : chacun de ces événements change complètement le calcul.
Le cas particulier du chauffe-eau thermodynamique
Ces équipements consomment nettement moins qu'un ballon classique, souvent trois fois moins. Paradoxalement, cela réduit l'intérêt des heures creuses : le volume déplaçable diminue fortement. Un foyer qui remplace son ballon électrique par un modèle thermodynamique doit refaire le calcul, et repasse souvent en option de base.
Faut-il changer d'option ou de fournisseur ?
Ce sont deux décisions distinctes, souvent confondues.
Changer d'option chez le même fournisseur est généralement possible, parfois avec des frais d'intervention si un réglage de compteur est nécessaire. Changer de fournisseur permet d'aller chercher un meilleur prix du kWh, indépendamment de l'option.
Le bon ordre est : d'abord vérifier que l'option est adaptée, ensuite comparer les offres sur cette base. Faire l'inverse revient à optimiser un tarif sur une structure qui ne vous convient pas.
Pour aller plus loin sur la comparaison des offres, consultez notre guide sur les démarches pour changer de fournisseur et nos 10 leviers pour réduire votre facture d'électricité.
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