Détecteur de monoxyde de carbone : le réflexe à avoir avant de rallumer le chauffage
Près de 4 000 intoxications et une centaine de décès par an en France. Le détecteur de CO n’est pas obligatoire, contrairement au détecteur de fumée. Norme, hauteur de pose et gestes d’urgence.

C'est le moment de l'année où l'on rallume la chaudière restée à l'arrêt tout l'été, où l'on remet en route le poêle, où l'on ravive la cheminée pour la première fois. C'est aussi la période où les intoxications au monoxyde de carbone repartent à la hausse.
En France, ce gaz provoque chaque année près de 4 000 intoxications et une centaine de décès. C'est la première cause de mortalité par intoxication dans le pays. Et l'appareil qui permet de l'éviter coûte quelques dizaines d'euros.
Un gaz que vos sens ne peuvent pas détecter
Le monoxyde de carbone (CO) est incolore, inodore et sans saveur. Il ne pique pas les yeux, ne sent pas le gaz, ne fait pas tousser. Rien, dans votre corps, ne vous avertit de sa présence.
Il se forme dès qu'une combustion se fait mal : manque d'oxygène, appareil encrassé, conduit obstrué, ventilation insuffisante. Une fois inhalé, il prend la place de l'oxygène dans le sang.
Le piège tient aux symptômes. Maux de tête, nausées, fatigue, vertiges : c'est exactement le tableau d'un état grippal, en pleine saison de grippe. On se dit qu'on couve quelque chose, on va se coucher — et c'est précisément ce qu'il ne faut pas faire.
Un indice qui doit alerter : les symptômes touchent plusieurs personnes du foyer en même temps, et ils s'atténuent quand vous sortez du logement. Une grippe ne se comporte pas ainsi.
L'ampleur reste sous-estimée. Sur la seule saison d'octobre 2024 à avril 2025, la région Grand Est a recensé 76 épisodes ayant touché 243 personnes, dont 5 décès.
Quels appareils sont concernés
Tout ce qui brûle un combustible chez vous :
- chaudière au gaz ou au fioul ;
- poêle à bois ou à granulés, insert, cheminée ;
- chauffe-eau au gaz ;
- chauffage d'appoint à pétrole ou au gaz ;
- groupe électrogène — à n'utiliser jamais à l'intérieur, ni dans un garage, ni dans une cave, même porte ouverte. C'est la cause de nombreux accidents graves après une coupure de courant.
Un logement tout électrique n'est pas concerné. Radiateurs électriques, pompe à chaleur, ballon d'eau chaude électrique : aucune combustion, donc aucun risque de CO.
Non, le détecteur de CO n'est pas obligatoire
C'est la confusion la plus répandue, et elle mérite d'être levée nettement.
- Le détecteur de fumée (DAAF) est obligatoire dans tous les logements depuis 2015.
- Le détecteur de monoxyde de carbone, lui, ne l'est pas. La DGCCRF le confirme explicitement : il n'est pas obligatoire dans les habitations.
Une proposition de loi déposée en novembre 2024 vise à rendre cet équipement obligatoire, mais elle n'est pas entrée en vigueur. Autrement dit : personne ne vous obligera à l'installer, et personne ne vous préviendra non plus.
Ce qui est réellement obligatoire : l'entretien
En revanche, deux obligations existent bel et bien, et elles sont souvent négligées :
L'entretien annuel de la chaudière. Comptez 95 à 150 €. Ce n'est pas une formalité administrative : le professionnel mesure le taux de CO dans les fumées. Au-delà de 50 ppm, l'appareil doit être arrêté immédiatement. C'est ce contrôle qui détecte les dérives avant l'accident.
Le ramonage du conduit, une à deux fois par an selon le combustible et le règlement sanitaire de votre département. Comptez 30 à 50 €. Un conduit obstrué — nid d'oiseau, suie accumulée — est l'une des causes les plus fréquentes d'intoxication à la remise en route de l'automne.
Ces deux interventions vous sont par ailleurs demandées par votre assureur en cas de sinistre. Conservez les attestations.
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Bien choisir son détecteur : la norme, et rien d'autre
Le marché est inondé d'appareils bon marché dont la fiabilité n'est pas garantie. Un seul critère fait foi : la mention de la norme NF EN 50291-1, dans sa version 2018, imprimée sur l'appareil ou sa notice.
Les autres points à vérifier :
- La durée de vie du capteur, généralement de 5 à 7 ans, indiquée sur le boîtier. Un détecteur périmé n'alerte plus, sans le signaler. Notez la date au marqueur sur le dos de l'appareil.
- Un test de fonctionnement, à déclencher une fois par mois avec le bouton dédié.
- Une alarme sonore d'au moins 85 dB, capable de réveiller quelqu'un.
Le coût reste modeste : quelques dizaines d'euros pour un modèle conforme. Pour situer les gammes et les fonctions, un aperçu des détecteurs de monoxyde de carbone disponibles permet de comparer les durées de vie annoncées et les certifications. En fonctionnement, l'appareil consomme environ 0,88 € d'électricité par an.
Où le placer — et surtout où ne pas le placer
C'est le point où presque tout le monde se trompe, par analogie avec le détecteur de fumée.
Le détecteur de fumée se pose au plafond, parce que la fumée monte.
Le détecteur de monoxyde de carbone se pose à environ 1,50 mètre du sol, à hauteur de respiration. Le CO a une densité proche de celle de l'air : il se diffuse dans tout le volume de la pièce plutôt que de s'accumuler sous le plafond.
Les règles de placement :
- dans la même pièce que l'appareil à combustion, à 1 à 3 mètres de celui-ci ;
- également dans les chambres, si la chaudière ou le poêle en est éloigné — c'est la nuit que les intoxications sont les plus meurtrières ;
- jamais juste au-dessus de l'appareil, ni dans un angle mort, ni derrière un meuble ou un rideau ;
- jamais dans une pièce humide comme la salle de bains, ni à proximité immédiate d'une fenêtre ou d'une bouche de ventilation, qui fausseraient la mesure.
Si l'alarme se déclenche : quatre gestes, dans cet ordre
- Ouvrez immédiatement portes et fenêtres pour ventiler.
- Arrêtez les appareils à combustion si vous pouvez le faire sans délai.
- Sortez du logement — faites sortir tout le monde, y compris les animaux.
- Appelez les secours : 15 (Samu), 18 (pompiers) ou 112.
Ne rentrez pas avant l'intervention d'un professionnel qui aura identifié et corrigé la cause. Un appareil qui a produit du CO une fois en produira à nouveau.
Avant l'hiver, vérifiez aussi ce que vous payez
La remise en route du chauffage est le bon moment pour un contrôle plus large : entretien fait, conduit ramoné, détecteur en place — et contrat d'énergie vérifié.
Mon Assistant Perso analyse vos factures d'électricité et de gaz, repère les lignes injustifiées et compare votre contrat aux offres réellement disponibles. Commencez par la checklist d'audit de vos factures, consultez notre page énergie et gaz, ou prenez rendez-vous avec un conseiller.
À lire également : Facture d'électricité trop élevée : que faire ?
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Sources : DGCCRF, données nationales d'intoxication au monoxyde de carbone, bilan régional Grand Est octobre 2024 – avril 2025, norme NF EN 50291-1 (2018). Article publié le 5 septembre 2026.
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Rédigé par
Thomas Lefèvre
Déménagement
Rédacteur chez Mon Assistant Perso, spécialisé sur le déménagement et les démarches liées au changement de logement : résiliations, ouvertures de compteur, choix des prestataires.
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