Chaudière ou pompe à chaleur : pourquoi les Français hésitent encore, chiffres à l'appui
169 000 chaudières contre 101 330 pompes à chaleur air-eau au premier semestre 2026 : la chaudière recule fortement, mais reste majoritaire. Les quatre raisons de ce paradoxe, et les cinq questions à se poser avant de changer de chauffage.

En bref : le gaz a augmenté de 6,6 % au 1er novembre 2026 et d'environ 42 % depuis janvier. Logiquement, les Français devraient fuir la chaudière. Les chiffres racontent une histoire plus nuancée : les ventes de chaudières s'effondrent bien de 23 %, mais elles restent plus nombreuses que celles de pompes à chaleur air-eau. Autrement dit, des dizaines de milliers de foyers continuent chaque semestre à remplacer une chaudière par une chaudière, dans un contexte où tout devrait les pousser ailleurs. Voici pourquoi, et comment décider pour votre propre logement.
Ce que disent vraiment les chiffres
Les données du syndicat professionnel Uniclima pour le premier semestre 2026 :
| Équipement | Ventes 1er semestre 2026 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Chaudières gaz et fioul | 169 000 | −23 % (contre 220 700) |
| Pompes à chaleur air-eau | 101 330 | +14,7 % |
| Pompes à chaleur air-air | 602 514 | +36,2 % |
Deux lectures opposées de ce tableau circulent, et toutes deux sont vraies.
La chaudière recule nettement. Perdre près d'un quart de son marché en un an est considérable pour une filière installée depuis des décennies.
La chaudière reste pourtant majoritaire face à son concurrent direct. Pour remplacer une chaudière dans une maison équipée de radiateurs à eau, l'équipement comparable est la pompe à chaleur air-eau — pas l'air-air, qui relève souvent de la climatisation réversible. Or on compte encore 169 000 chaudières pour 101 330 pompes à chaleur air-eau. Le basculement a commencé ; il est loin d'être achevé.
Pourquoi tant de foyers rechoisissent une chaudière
1. Une chaudière morte se remplace en urgence
C'est la raison la plus sous-estimée. Une chaudière lâche rarement en juin : elle lâche en janvier, à la première semaine de froid, dans un logement qui doit être chauffé le soir même.
Dans cette situation, l'installateur propose ce qu'il a en stock et peut poser en quarante-huit heures. Une pompe à chaleur, c'est une étude thermique, un dimensionnement, parfois le remplacement des radiateurs, une demande d'aides, un délai. Le foyer qui grelotte ne fait pas un arbitrage économique sur quinze ans : il reprend une chaudière.
Le conseil qui en découle : si votre chaudière a plus de quinze ans, étudiez son remplacement maintenant, en automne ou au printemps, pendant que vous avez encore le choix. Une panne décide à votre place, et presque toujours en faveur du statu quo.
2. L'écart de prix à l'installation reste franc
Une chaudière gaz à condensation s'installe pour quelques milliers d'euros. Une pompe à chaleur air-eau coûte plusieurs fois plus cher, avant aides. Même avec un coût d'usage plus bas, la somme à sortir le jour J n'est pas la même — et tous les ménages ne peuvent pas avancer cette différence, quelle que soit la rentabilité à long terme.
3. Les aides se sont contractées, et elles ont perdu en lisibilité
C'est le point qui pèse le plus lourd. Au premier semestre 2026, l'Anah a enregistré une chute des dossiers MaPrimeRénov' : −79 % pour la rénovation d'ampleur et −34 % pour la rénovation par geste. La pompe à chaleur air-eau fait figure d'exception dans ce paysage, mais le mouvement d'ensemble est un recul.
Or un ménage n'arbitre pas seulement sur le montant d'une aide : il arbitre sur sa prévisibilité. Quand le dispositif change de règles plusieurs fois en deux ans, beaucoup renoncent à construire un projet autour de lui.
Côté fiscalité, l'écart est en revanche net et stable :
| Chaudière gaz | Pompe à chaleur | |
|---|---|---|
| MaPrimeRénov' | Non éligible depuis 2023 | Éligible (air-eau) |
| TVA | 20 % | 5,5 % |
Les chaudières hybrides, qui associent une pompe à chaleur à un appoint gaz ou bois, restent pour leur part soutenues.
Sur ce point, les sources publiques divergent : certaines affirment qu'aucune aide ne subsiste pour une chaudière gaz en 2026, d'autres évoquent encore des primes CEE ou un éco-prêt à taux zéro selon les configurations. Faites confirmer votre éligibilité par écrit avant de signer un devis, plutôt que de vous fier à un argumentaire commercial.
4. Tous les logements ne s'y prêtent pas
Une pompe à chaleur air-eau donne son plein rendement avec une eau de chauffage à basse température. Dans un logement mal isolé équipé de radiateurs anciens dimensionnés pour 70 °C, elle fonctionnera, mais en consommant davantage que prévu — et la déception sera au rendez-vous.
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S'ajoutent des obstacles matériels : l'unité extérieure a besoin d'une place, elle fait du bruit, et en copropriété son installation suppose souvent une autorisation. Nos deux repères sur le sujet : pompe à chaleur et bruit : ce que dit la réglementation et givre et dégivrage aux premiers froids.
Comment trancher pour votre logement
Posez-vous ces questions dans cet ordre. La première qui reçoit un « non » franc doit vous faire reconsidérer la pompe à chaleur — ou commencer par autre chose.
- Mon logement est-il correctement isolé ? Si la réponse est non, l'isolation passe avant le changement de chauffage. Une pompe à chaleur installée dans une passoire thermique coûte cher et déçoit. Commencez par l'isolation des combles.
- Mes émetteurs acceptent-ils la basse température ? Plancher chauffant : idéal. Radiateurs récents à grande surface : correct. Vieux radiateurs en fonte sous-dimensionnés : à vérifier sérieusement avec un professionnel.
- Ai-je un emplacement extérieur acceptable ? Distance aux fenêtres des voisins, accord de copropriété le cas échéant.
- Puis-je avancer le surcoût ? Comptez les aides réellement obtenues, pas celles annoncées dans la publicité.
- Combien de temps vais-je rester ? L'économie d'usage se récupère sur plusieurs années. Si vous vendez dans deux ans, le calcul change — même si un bon DPE valorise le bien.
Si plusieurs réponses sont négatives, une chaudière à condensation moderne reste un choix défendable, surtout associée à une régulation correcte. Et dans ce cas, l'enjeu se déplace : il devient tarifaire plutôt que technique.
Le levier immédiat, quel que soit votre équipement
Changer de chaudière prend des mois. Changer d'offre prend quelques minutes, et l'effet est immédiat sur la facture suivante.
Avec un gaz à 194,90 € le MWh, l'écart entre une offre indexée qui suit chaque hausse et une offre à prix fixe souscrite au bon moment se chiffre en centaines d'euros sur un hiver. Nos repères : prix fixe ou indexé et chauffage au gaz ou à l'électricité, lequel coûte le moins cher cet hiver.
Les conseillers de Mon Assistant Perso comparent gratuitement votre contrat avec les offres du marché et vous disent, chiffres en main, ce que vous payez de trop. Voyez notre comparatif des fournisseurs de gaz ou prenez rendez-vous.
Questions fréquentes
Les Français achètent-ils encore plus de chaudières que de pompes à chaleur ?
Face à la pompe à chaleur air-eau, oui : 169 000 chaudières contre 101 330 pompes à chaleur air-eau au premier semestre 2026. Mais les chaudières reculent de 23 % sur un an, tandis que les pompes à chaleur progressent.
Peut-on encore obtenir MaPrimeRénov' pour une chaudière gaz ?
Non, les chaudières gaz ne sont plus éligibles depuis 2023. Les chaudières hybrides, qui combinent pompe à chaleur et appoint, restent soutenues.
La pompe à chaleur est-elle toujours plus économique ?
À l'usage, généralement oui. Mais le résultat dépend de l'isolation, du dimensionnement et de la température de l'eau de chauffage. Dans un logement mal isolé équipé de radiateurs haute température, l'économie attendue peut ne pas se matérialiser.
Faut-il attendre 2027 pour changer de chauffage ?
Attendre expose à un risque concret : que la chaudière tombe en panne en plein hiver et impose un remplacement dans l'urgence, sans possibilité de comparer. Mieux vaut étudier le projet hors saison de chauffe.
Pourquoi les pompes à chaleur air-air progressent-elles autant ?
Parce qu'elles répondent aussi au besoin de rafraîchissement l'été, et qu'elles bénéficient d'une TVA à 5,5 %. Elles ne remplacent toutefois pas un chauffage central à eau.
À retenir
- Ventes de chaudières au 1er semestre 2026 : 169 000, soit −23 % en un an.
- Pompes à chaleur air-eau : 101 330 (+14,7 %) ; air-air : 602 514 (+36,2 %).
- La chaudière reste majoritaire face à l'air-eau, surtout à cause des remplacements en urgence et du coût d'installation.
- MaPrimeRénov' exclut la chaudière gaz depuis 2023 ; TVA de 20 % contre 5,5 % pour la pompe à chaleur.
- Avant de changer d'équipement : isolation, émetteurs, emplacement, budget, durée de détention.
Sources : Uniclima (ventes d'équipements de génie climatique, premier semestre 2026), Anah (bilan MaPrimeRénov' du premier semestre 2026), Commission de régulation de l'énergie (prix repère du gaz, novembre 2026).
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Rédigé par
Nadia Belkacem
Démarches et litiges
Rédactrice chez Mon Assistant Perso, spécialisée sur les démarches administratives et les litiges de consommation : contestation de facture, prélèvements, assurance habitation. S'appuie sur les textes réglementaires et les positions des médiateurs officiels.
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